
on sent bien la tension qui monte.....sourires crispés....au moment du départ

18h04 plus tard....

19H23mn plus tard....
Jeudi 13 mai 2010, championnats Rhônes-Alpes de contre la montre par équipe à Jardin. Pascal Verges, Johan Parra font leur contre la montre Pont de Claix-Jardin dans la roue de Jean-Charles Sénac afin de supporter le VCP détenteur du titre.
Jean-Charles m’informe qu’il s’est inscrit à Bordeaux Paris.
Ce défi résonne alors en moi. J’y vais, je n’y vais pas ?
Je ne fais plus de vélo et je n’ai plus la motivation pour m’entraîner. Heureusement, Jean-Charles me permet de rouler le WE à ses côtés (plutôt derrière lui !) et de franchir la barrière des 200Kms qui m’était inconnue.
Il me faut impérativement une voiture suiveuse ; mes parents me permettront de couvrir la distance de 620.5 Km non stop.
26 juin 2010, Tresses, banlieue de Bordeaux, temps radieux, vent nul.
14h. « C’est parti » Le maigre peloton de 179 + 1 coureurs roule à 40Km/h. En effet, un coureur reste seul devant le peloton durant plusieurs dizaines de kilomètres.
Il est à noter également la participation d’un vélo couché et d’un tricycle au fuselage aérodynamique qui sur le plat sont de vraies fusées.
Après 110Kms environ, un écrémage s’est fait et l’homme de tête est dans le peloton.
Une bosse arrive et une attaque est portée. Jean-Charles suit. Johan pourtant placé mais qui discutait essaye à son tour avec un temps de retard – comme à son habitude.
Ils sont 4 en tête, Jean-Charles a bien vu Johan, dans un groupe de contre à 50m et n’accélère pas. Johan est presque à la rupture mais c’est finalement sa chaîne qui casse. Dans le coffre, il rattrapera un groupe de 15 juste derrière le groupe « Jean-Charles ».
Le parcours passe par de belles routes vallonnées, même usantes du 100ième au 200ième kilomètres et très champêtres. Les villages traversés sont jolis. A aucun moment, le parcours traverse de grandes villes entachées de barres d’immeubles et n’utilise aucune route semblable à celles de la vallée du Grésivaudan. La France est belle !
Le coucher de Soleil splendide, à l’Ouest (si le fléchage jaune BP nous emmène bien vers le Nord, Paris !). Puis à l’Est, la pleine Lune puis, toujours à l’Est le lever de soleil puis « BOUM ».
Un coureur se prend de plein fouet une voiture qui nous coupe la route et 2 autres sont entraînés dans la chute. Le peloton s’arrête puis repart avec un coureur en moins. Il était 6h du matin environ, 518Kms au compteur. Je suis triste pour lui. Une course comme celle là, on l’a fait peut-être une seule fois.
Pour information, car je crois qu’il est utile de diffuser cela sur Internet, la voiture a fait un délit de fuite mais le scooter qui nous encadrait l’a rattrapé. Le bipède titubait. Le choc sans doute.
Et puis l’information m’est reléguée, Jean-Charles gagne ! C’était normal mais il l’a fait et de quelle manière ! Heureusement, sinon, il aurait fallu y retourner en 2012 !
Puis c’est mon arrivée, qui se déroule comme une course habituelle. Après être allé chercher un coureur deux fois et une attaque, je n’ai plus la force de suivre un haut-alpin qui s’échappe avec deux coureurs à 2-3Kms de l’arrivée.
Et elle est où la tour Eiffel ? L’arrivée est à Ballainvilliers, banlieue Sud de Paris, et ne reflète en rien le beau parcours. Jean-Luc est bien déçu, lui qui a participé 3 fois à cette course créée en 1895.
Mais le plus beau, c’est quand on regarde la carte de France.
Johan Parra
Merci à Johan pour le récit de son aventure. Comme il y avait deux pontois engagés sur cette épreuve deux voitures étaient présentes sur le parcours pour permettre à chacun d'évoluer sans stresser l'autre.
Si Johan était 'encadré par ses parents, j'avais en charge la logistique pour Jean-Charles. J'ai été aidé dans ma tâche par Jennifer et Véronique.
Le départ est donné à Tresses, proche banlieue de Bordeaux à 14h10 le 26 juin. A la hauteur de Libourne, soit 20kms aprés le départ une bosse ''casse'' le peloton en deux. 35 coureurs se retrouvent à l'avant: Jo et JC sont parmi eux.
La consigne en ce début de course était d'arriver au premier pointage (soit le 130ième km) dans les dix pour éviter la cohue.
Un groupe de six coureurs pointe le bout de son guidon: JC est bien là mais point de Johan qui a cassé sa chaine (heureusement il repartira aprés réparation)
Commence alors un travail de sape: Jean-Charles dévoile son plan: il n'est pas venu pour faire de la figuration.
De six, le groupe de tête se retrouve à 4 pui à 3.
Au troisiéme pointage on décide que JC attaque. Mais les deux poursuivants reviennent dans les voitures. On décide de les garder avec nous toute la nuit.
Jean-Charles ne recevra aucun relais de ses ''accompagnateurs'' tout contents de pouvoir suivre.
Pour ma part je vois bien qu'ils sont aux abois: notre JC les atomise physiquemennt mais surtout moralement. Beaucoup de tension dans la voiture.
Toute la nuit on doublera des coureurs partis à 6h du matin soit 8heures avant nos pontois.
Le jour se léve et dévoile des coureurs fortement marqués: Jean-Charles accuse le coups.
A 20 kms du but, une bosse qui fait mal: un coureur lache prise. Plus que 2 hommes en tête. On passe à Marcoussy (bien connu des rugbymen): à la sortie de cette bourgade la côte de l'escargot. Mais personne ne peut porter l'estocade:
L'arrivée est jugée à Ballainvilliers: délivrance pour tous.
Jean-Charles s'impose en 18h04 mn à la moyenne horaire de 34,37km
Johan arrivera un peu plus tard. Il boucle son périple en 19h23 mn à la moyenne horaire de 32km/h.
Quelques chiffres:
-620, 500 kms parcourus
-3000 métres de dénivelés
-18 litres d'eau absorbés par coureur (sans parler des sodas)
-500 calories par coureur et par heure absorbées
En conclusion, une bien belle épreuve où chacun doit aller chercher au plus profond de soit l'énergie qui lui permettra de connaitre ses vraies limites.......
Jean-Luc Antouly
© Vélo Club Pontois